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Handicap : ces start-up qui tentent d'innover

16/02/2017
Handicap : ces start-up qui tentent d'innover
Neuf projets ont été récompensés lors d'un concours, dans le cadre du programme d'investissements d'avenir. Objectif : financer des travaux parfois boudés par les investisseurs et susciter des vocations.

Les pouvoirs publics sont bien décidés à faire émerger une vraie filière innovante sur le handicap, comme c'est le cas, par exemple, dans certains pays anglo-saxons. Neuf start-up doivent ainsi être récompensées dans le cadre du concours Handicap et innovation. Celui-ci a été mis en oeuvre à l'été dernier, financé par le programme d'investissements d'avenir. Il avait été annoncé par François Hollande, lors de la Conférence nationale du handicap, en mai.

« Depuis 2014, j'ai constaté qu'il existait un besoin énorme de recherche et d'innovation pour améliorer le quotidien des personnes handicapées, explique Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion. Des initiatives voient le jour, mais elles ne sont pas assez nombreuses et manquent de fonds pour se développer. » La secrétaire d'Etat explique avoir rencontré, au cours de ses déplacements, plusieurs personnes handicapées qui ont dû acheter des modèles de fauteuil roulant, par exemple, à l'étranger, faute d'offre en France.

Susciter des vocations

La décision a donc été prise de mobiliser une petite enveloppe du programme d'investissements d'avenir - 2 millions d'euros - pour organiser ce concours. Un jury, composé d'experts de bpifrance et du Commissariat général à l'investissement, a ensuite sélectionné les projets, qui devaient être représentatifs de toutes les pistes de réflexion pour améliorer la vie quotidienne des personnes handicapées.

Ces lauréats, dont certains sont encore étudiants ou développent un autre projet en parallèle, se sont vu attribuer une subvention, en fonction de leur stade de développement et de leurs besoins pour mettre au point un premier prototype, industrialiser leur production ou rechercher de nouveaux marchés, dans la limite maximale de 200.000 euros. Un soutien logistique leur sera aussi apporté, avec, par exemple, la possibilité d'être hébergé sur les différents sites de bpifrance et un accompagnement par des experts.

« J'ai bon espoir que ce ne soit qu'un début », affirme Ségolène Neuville. Une autre enveloppe, de 8 millions d'euros, a d'ores et déjà été débloquée pour l'organisation d'un autre concours, Numérique et handicap, dédié exclusivement aux projets numériques (sites, applications, etc.). Avec ces initiatives, le gouvernement espère à la fois structurer une filière et susciter des vocations. « Beaucoup de jeunes porteurs de projets ont une personne handicapée parmi leurs proches et c'est pour cette raison qu'ils se lancent dans ces projets, souligne Ségolène Neuville. Mais il faut se rappeler que des innovations comme le téléphone ou la télécommande ont été conçues, à l'origine, pour répondre aux besoins de personnes handicapées et, au final, ont profité à tous. Il y a là un enjeu global. »

Nicolas Rauline, Les Echos
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