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Laurent Froissart : « J'ai eu 12 refus de prêt en raison de mon état de santé »

04/12/2017
Bikom recyclage de cartons
Laurent Froissart, atteint d'une maladie cardiaque, est le dirigeant de Bikom, une entreprise qui conçoit et fabrique du matériel de publicité avec des matériaux recyclés. L'entrepreneur a adapté son entreprise à son handicap et devrait boucler l'année 2017 avec un chiffre d'affaires en hausse.

Laurent Froissart va au fond des choses. Créatif en publicité, il signe des campagnes emblématiques, fonde son agence, la vend et finit par la quitter pour créer Bikom en 2008. Installée à Ecquevilly, dans les Yvelines, l'entreprise conçoit et fabrique du matériel de publicité sur les lieux de vente (PLV) . Il n'utilise pour cela que des matériaux recyclables produits avec des matières recyclées. Essentiellement du carton que seules deux usines produisent en France.

Autre particularité, il emploie des personnes souvent en rupture, « recrutés au feeling », pour ce qu'ils pourraient faire plutôt que pour les diplômes qui peuvent leur manquer. Cela ne l'empêche pas d'être reconnu par la profession. Il a remporté en septembre dernier, pour la région parisienne, le prix Ma Pub Ici de BNP Paribas.

Peut-être un signe du destin. Car, depuis 2010, Laurent Froissart est déclaré handicapé à 80 %. Une affection d'origine génétique en a fait un grand cardiaque. « Cela a changé ma manière de travailler, explique-t-il. Alors que tout passait par moi dans l'entreprise, je me suis organisé pour qu'elle puisse fonctionner sans moi. » Tout en continuant à travailler pour de grands comptes, l'entreprise s'est tournée vers les start-up et les petits volumes. « La maladie m'a boosté et je suis suivi, y compris par télémédecine », ajoute Laurent Froissart.

Engagement des salariés

Le dirigeant engage aujourd'hui la troisième phase de développement de cette entreprise de 10 salariés qui a réalisé 1,3 million d'euros de chiffre d'affaires en 2016 et devrait terminer 2017 entre 1,8 et 1,9 million d'euros. Elle s'installe dans de nouveaux locaux qui vont lui permettre d'accueillir des machines supplémentaires pour rapatrier des travaux qu'elle sous-traite encore et de recruter.

Ce développement est difficile à financer . « J'ai eu 12 refus de prêt en raison de mon état de santé, j'ai multiplié les examens à la demande des banques et plusieurs n'ont même pas accepté de me rencontrer », regrette le dirigeant. Finalement, le prix de BNP Paribas a certainement contribué à l'obtention d'un financement sur sept ans. « Habituellement, ce sont des prêts de dix ans, ce qui signifie que mes collaborateurs ont dû accepter des sacrifices en matière salariale. » Un engagement dont Laurent Froissart est bien décidé à faire un atout.

 

Dominique Malecot, Les Echos