Conjoncture

400 000 créations d'emplois dans les startups d'ici 2022

13/04/2018
Les startups sont une source de création d'emplois
Les 10 % des start-up françaises à forte croissance généreraient 200.000 emplois. Pour parvenir à ce résultat, il faut doubler et professionnaliser les structures d'accompagnement.

Les start-up françaises constitueraient un énorme gisement d'emplois. Sur les cinq prochaines années, elles pourraient créer jusqu'à 400.000 postes, selon l'étude « Devenir une licorne ? » publiée mercredi 11 avril par le collectif La Boussole et le Boston Consulting Group. Certes, cette estimation peut paraître très optimiste au regard de celui de la  création nette d'emplois en 2017 dans les start-up, chiffrée à 11.000. Pour parvenir aux 400.000 emplois espérés, il faudrait en effet multiplier cette performance annuelle au moins par sept !

Pourtant, les auteurs de l'étude sont confiants dans la robustesse de leur extrapolation. Il existe aujourd'hui en France « environ 10.000 start-up », assure Lionel Aré, directeur associé senior au BCG, c'est-à-dire des entreprises de moins de cinq ans en croissance. En 2022, leur nombre devrait atteindre au moins les 12.000 avec un facteur de croissance plus important qu'aujourd'hui semble-t-il. Et selon le BCG, les plus dynamiques, soit environ 10 % d'entre elles, devraient créer 200.000 emplois.


70 emplois créés par an par start-up

Reste une inconnue : L'écosystème français est-il en mesure de faire émerger à flot régulier autant de start-up en très forte croissance ? Il en aurait le potentiel, à condition d'améliorer l'accompagnement des entrepreneurs. Pour établir cette prévision, les auteurs s'appuient sur une constatation : en moyenne, une start-up à forte croissance crée jusqu'à 70 emplois par an. Toutefois, ils estiment qu'aujourd'hui seules 40 % des jeunes pousses sont accompagnées. Ils préconisent de doubler ce score d'ici 2022.

D'où le fait de trouver à l'initiative de cette étude, La Boussole, un collectif ad hoc de dix structures d'accompagnement : Blue Factory ESCP Europe, Startup with Google, Réseau Entreprendre Paris, Raise, Schoolab, URLink Unibail-Rodamco, Le Village by CA, Inco, Numa et 50 partners. Ces accompagnateurs aux profils très variés (incubateurs d'école, accélérateurs corporate ou privés…) et aux modes d'intervention différents partagent un même objectif : professionnaliser leur métier.

Faire le tri des incubateurs

On compterait en France environ 600 structures d'accompagnement de start-up, « un chiffre flou », concède Lionel Aré. Flou, parce que les initiatives sont quasi quotidiennes ces derniers mois. « On passe un temps fou à orienter les entrepreneurs, assure Maëva Trodo, directrice de Blue Factory, l'incubateur - elle préfère « sublimateur » - des projets entrepeneuriaux des étudiants du groupe ESCP Europe. Aujourd'hui, on n'est pas au courant de tout ce qui se crée ni de la qualité des structures ». En clair, on n'y voit plus très clair.

La Boussole propose donc de regrouper des structures de qualité. « Nous voulons nous connaître, nous reconnaître, et définir des bonnes pratiques, résume Paul Jeannest, directeur de RaisesherpasAccompagnateur est devenu un métier. » A chaque grande étape (idéation, création, amorçage, scaling et expansion), les entrepreneurs devraient pouvoir choisir l'accompagnement qui leur convient le mieux, et choisir en fonction de critères objectifs d'évaluation. Car comme le souligne Nicolas Le Corre dans une étude récente sur les incubateurs réalisée par Xerfi : « Les entrepreneurs se reposent encore largement sur le bouche-à-oreille pour choisir leurs programmes d'accélération ».

A terme, la Boussole devrait devenir une association, embryon éventuel d'une fédération professionnelle. Elle devrait aussi réfléchir à la création d'un label ou d'une certification garantissant la qualité de l'accompagnement proposé aux entrepreneurs, condition sine qua non à la création d'emplois.

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves Vilagines, Les Echos
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