Succès

"Des Bras en Plus" : l'entreprise qui grandit sans levée de fonds

12/07/2017
des-bras-en-plus-entreprise
La jeune entreprise "Des Bras en Plus", créée par Farid Lahlou, propose un service de déménagement low cost participatif, facile et efficace. Une recette qui a fait succès puisque l'entreprise affiche une croissance de + 50 %, soit plus de 20 fois la croissance sectorielle, et a déjà gagné plusieurs concours prestigieux et cela sans aucune levée de fonds ! Zoom sur cette entreprise qui grandit.

Trois millions de chiffre d'affaires en 2016, 45 salariés, mais aucune levée de fonds. Les trois fondateurs de Des bras en plus, Massoud Ayati, Zafar Baryali et Farid Lahlou, ont dès le départ de l’entreprise en 2011 privilégié un développement sur ses fonds propres. Ils ont lancé leur concept de déménagement à la carte et participatif avec 6.000 euros de capital de départ gagné lors d’un concours organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports.

Depuis, la start-up s’est toujours auto-financée : « notre performance commerciale a permis de développer l'entreprise », justifie Farid Lahlou. Face aux géants du marché, Des bras en plus sort du lot. La start-up s’en sort avec une croissance de + 50 %, soit plus de 20 fois la croissance sectorielle.

Maîtriser croissance et coûts

Même si les trois associés fourmillent d’idées et de projets, ils ne se lancent pas tous azimuts mais investissent en fonction des priorités qu’ils se sont fixées. « On ne peut dépenser que l’argent qu'on a gagné. Ce qui nous oblige à être efficaces et à maîtriser nos dépenses. »

L'entreprise a par exemple choisi d’ouvrir ses boutiques les unes après les autres, pour être totalement à l’aise avec les investissements à faire. Ses plus gros investissements ? Les salaires, comme dans toute entreprise de services, et son système d’information. « Nous n'avons pas voulu utiliser les logiciels métier peu adaptés », explique Farid Lahlou.

Pour la communication, elle privilégie la débrouille et l'efficacité, avec des campagnes décalées pour « faire le buzz pour pas cher ».

Bilan, 30 % des clients viennent de la recommandation. Farid Lahlou explique n’avoir « jamais mis en danger l’activité de l’entreprise. Etant tous les trois issus de formation financière, nous avons la sensibilité des chiffres et avons toujours fait en sorte que l'entreprise possède des finances saines. » Avec des besoins quasiment nuls en termes de trésorerie, elle a un besoin en fonds de roulement négatif. Du coup, elle n’a jamais eu à faire appel aux banques dans son développement, si ce n’est pour leur demander conseil.

Franchiser pour accélérer le développement

Les trois fondateurs, qui ont réussi à se payer dès la deuxième année, partagent tout à parts égales et réinvestissent le résultat de l'entreprise dans celle-ci pour financer sa croissance.

Ils estiment travailler dans des conditions privilégiées : « les projets se mettent rapidement en place et les budgets sont validés en interne sans intervention extérieur. C'est un confort d'exécution incroyable », confie Farid Lahlou pour qui se développer sans levée de fonds est une réussite et en aucun cas vécu comme une contrainte.

Leur fonctionnement actuel leur permet de prendre des décisions rapides sans devoir rendre des comptes à d’éventuels actionnaires. En projet d’ici la fin de l’année, l’embauche d’une quinzaine de personnes, le développement de son offre B to B –40% du chiffre d'affaires– et un développement en franchise dès septembre, en parallèle des boutiques en propre.

Le but ? Accélérer le développement sans investir directement dans des boutiques physiques. Le but est d’essaimer rapidement sur tout le territoire français et d’atteindre d’ici 2020 une vingtaine de magasins franchisés, dans toutes les grandes villes de France où la start-up travaille déjà.

Si les fondateurs n’ont pour le moment pas eu à faire face à des problématiques de financement, ils n’excluent pas de lever des fonds dans le futur. Une ouverture de capital qui serait justifiée par un projet d’envergure comme l’internationalisation de la start-up.

Charlotte de Saintignon, Les Echos