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S'implanter en Chine : les conseils d'Alain Palisse, fondateur de AdduXi

11/08/2017
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Le marché chinois peut être perçu comme très prometteur pour tout entrepreneur. Cependant, il faut bien préparer son implantation avant de se lancer dans cette aventure. Les conseils d'Alain Palisse, fondateur de AdduXi, entreprise implantée en Chine depuis le début de l'année 2017, pour conquérir la "Terre du Milieu".

Juriste de formation, Alain Palisse a fondé AdduXi en 1996 à Bellignat (Ain). L’entreprise, spécialisée dans la production de produits pour le confort intérieur des voitures, était présente dans quatre pays étrangers (Suisse, Allemagne, Espagne et États-Unis) avant de viser une installation Chine. « Nous pensions que les solutions d’automatisation et de robotisation qui marchaient en Europe allaient marcher en Chine », confie Alain Palisse.

Un marché automobile chinois en pleine croissance

Pour accélérer le développement du marché de l’automobile chinois, le gouvernement avait diminué de moitié les taxes à l’achat sur les petites voitures individuelles, tirant la croissance du nombre de ventes en 2016 à 13,7%. Une telle augmentation, dans un pays où seulement une personne sur six possède un véhicule, fait saliver plus d’un entrepreneur. Mais s’attaquer à la Terre du Milieu n’est pas une mince affaire.

En juillet 2017, le CEO d’Apix Analytics, Ludovic Debusschere, confiait aux Echos Entrepreneurs que les négociations avec les partenaires chinois étaient compliquées, « Les réunions sont très protocolaires et il est difficile d’avoir leur feed-back d’autant qu’il n’y aucun élément de "body language" comme on peut avoir en France ou aux Etats-Unis », expliquait-t-il alors.

Une ambition à long terme pour Adduxi

« Pour arriver en Chine, on s’y prépare à l’avance », reconnait Alain Palisse, le fondateur de AdduXi, qui a commencé les démarches trois ans avant d’amorcer l’implantation.

« Nous avons choisi une démarche assez originale puisque nous fonctionnons en partenariat avec l’usine d’une société japonaise. L’alliance entre des français et des japonais sur le sol chinois, c’est inédit, mais ça a des atouts ! » C’est justement avec ses partenaires japonais qu’il a été long de créer un lien de confiance. Ajouté à la mise en place de l’ensemble de la documentation juridique, les trois ans de préparation à l’implantation sont justifiés.

Ayant commencé l’implantation début 2017, Alain Palisse n’estime pas que la situation ait été problématique car il place ce contrat sur « une optique de long terme ». L’entrepreneur explique : « dans notre domaine, les commandes ne sont pas instantanées, elle peuvent aller sur une durée de deux à dix ans ! », avant de conclure « à l’international, la patience est clef. »

Arthur Macbeth et Florian Dèbes, Les Echos