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G20 des Entrepreneurs à Berlin : "favoriser la conquête"

G20 des Entrepreneurs à Berlin : "favoriser la conquête"
Les jeunes entrepreneurs des pays du G20 se donnent rendez-vous les 15 et 16 juin 2017 à Berlin. Ronan Pelloux, cofondateur de Creads, est le sherpa de la délégation française. Porte-parole des entrepreneurs, il défend notamment une évolution du Code du travail en France.

Depuis 2010, environ 400 Entrepreneurs des pays du G20 se regroupent chaque année en amont du sommet politique afin de soumettre aux gouvernements leurs recommandations. Notre objectif est de partager les meilleures pratiques de chaque pays et de faire entendre nos voix auprès des politiques pour relancer la croissance et l’emploi.

Aujourd’hui, je suis fier de porter et de représenter les intérêts des chefs d’entreprise français à Berlin dont la délégation, composée d’une trentaine d’entrepreneurs, a été sélectionnée par Citizen Entrepreneurs pour représenter l’écosystème des startups, PME et ETI Françaises.

Depuis ma première participation en 2013, j’ai pu mesurer l’impact d’un tel évènement et son influence. Il y a deux ans, nous avions d’ailleurs été reçus à Bercy par Emmanuel Macron, alors Ministre de l'Économie, pour lui remettre nos recommandations.

Qui de mieux placés que les Entrepreneurs eux-mêmes pour identifier les leviers d’actions pour relancer la croissance et l’emploi ? Selon l’OCDE, les jeunes entreprises de moins de cinq ans ont créé la moitié des nouveaux emplois ces 10 dernières années. Il est donc primordial que la voix des entrepreneurs puisse être portée et entendue.

Nos actions portent leurs fruits et nous sommes ravis de voir que nos recommandations sont prises en considération. En voici quelques exemples.

1. Dynamiser le financement des PME
Fin 2016, un Compte PME innovation (CPI) a été lancé pour encourager le financement des entreprises innovantes par les business angels qui ne sont que 4.500 en France contre 20.000 en Grande Bretagne. L’ISF-PME est aussi un autre levier pour inciter les investissements dans l'économie réelle.

2. Attirer les talents et inciter les entrepreneurs à lancer leur société en France
Le passeport talent initié en 2016 accélère les procédures de visa pour les profils très qualifiés. Les actions de la French Tech et notamment du programme French Tech Ticket ont permis à des startups étrangères de venir se développer en France.

3. Soutenir l’innovation et la Recherche
La R&D est très largement soutenue en France notamment grâce au statut JEI et au Crédit d'impôt recherche. A tel point que la France se positionne en deuxième position mondiale en terme de taux d’incitation fiscale pour la recherche. A cela s’ajoute le Crédit d’impôt innovation (CII) et l’aide à l’innovation de Bpifrance. Nous mesurons au quotidien la dynamique de soutien sur ces aspects R&D.

4. Investir dans des infrastructures et services numériques
Un Plan Très Haut Débit a été adopté pour un équipement à 100 % du territoire d’ici à 2022.

5. Former les futures générations aux métiers de demain
La loi Hamon a ajouté à l'apprentissage du code informatique à l’école dès le primaire.

La France est un pays d’entrepreneurs : 550.000 créations d’entreprises par an mais seulement 7.000 dépasseront un jour peut être les 50 salariés. Le problème, c’est que nos entreprises ne grandissent pas assez car les possibilités de financements sont encore réduites. Il faut favoriser l’entrepreneuriat de conquête. Le prochain G20 YEA ayant lieu en Allemagne, nous aurons fort à apprendre du modèle du Mittelstand Allemand qui compte l’équivalent de 10.000 ETI contre 4.000 en France.

Economie numérique au programme du G20 YEA de Berlin

L’autre sujet chaud concernera la Loi Travail que nous aborderons lors de nos groupes de réflexion pendant le sommet. Nous étions déjà très favorables au plafonnement des indemnités de prud’hommes qui font porter un gros risque sur l’entreprise. Nous sommes convaincus que l’objectif premier d’un entrepreneur est de développer son activité et faire de la croissance. Cette part de risque liée au recrutement est vécu comme un vrai frein pour la création d’emplois en CDI.

Lors des précédents G20 YEA, nous avions aussi évoqué les accords d’entreprise pour qu’ils puissent également prendre le dessus sur les accords de branche. Cela permettrait de moderniser un code du travail vieillissant et ne correspondent plus aux nouveaux modèles d’entreprises. Il faut savoir que cette disposition existe déjà en Allemagne et que 60 % de leurs entreprises ont des accords spécifiques.

A l’occasion de ce 9ème sommet du G20 YEA, nous aurons l’occasion de centraliser l’ensemble les idées des entrepreneurs afin de restituer une base qui nous semblera la plus pertinente. Les grandes thématiques traiteront du Big Data, de l’internet des objets, des plate-formes digitales et de la réalité virtuelle. Comment ces nouvelles tendances digitales influencent-elles les business models ? Comment ces tendances influent-elles les nouvelles idées business ? Quelles réglementations et quelles opportunités ?

Ronan Pelloux, entrepreneur,

sherpa de la délégation française des entrepreneurs au G20 YEA à Berlin les 15 et 16 juin 2017.

 

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