Vie de l’entreprise

Pourquoi les entreprises passent au mode collaboratif ?

07/12/2017
Le partage des entreprises
Salariés, bureaux, véhicules, matériels… d'après une enquête de Kantar TNS, une TPE sur quatre a opté en 2017 pour le partage des ressources. Les plates-formes numériques s'engouffrent dans ce créneau du collaboratif professionnel.

Après la sphère privée, le mode collaboratif gagne le monde du travail. Les entreprises se laissent tenter par le partage. Salariés, bureaux, matériels, places de parking, voitures... Les échanges, parfois gratuits, mais de plus en plus payants et organisés, se multiplient. D'après  l'enquête de Kantar TNS , publiée en novembre, qui s'est penchée pour le compte de l'assureur MMA sur les pratiques collaboratives au sein des très petites entreprises, ces échanges sont déjà bien engagés. Sur les quelque 500 dirigeants interrogés de tous les secteurs (industrie, services, commerce, BTP), 1 sur 4 (22 %) a prêté ou emprunté ses ressources sur les douze derniers mois. Parmi les pratiques les plus courantes, le partage de bureaux ou d'ateliers (13 %), le prêt et l'emprunt d'équipement (11 %), suivis par le personnel (6 %), les locaux hors bureaux (6 %), les parkings (4 %) et les véhicules professionnels (2 %).

Economies d'argent

L'essayer, c'est l'adopter ? les TPE qui ont testé ce mode collaboratif continuent en général sur le long terme. Ainsi celles qui utilisent le partage de bureaux sont 44 % à le faire régulièrement (contre 7 % qui le font de temps en temps).

Pour les équipements et matériels, elles sont 34 % à les emprunter ou à les prêter régulièrement (contre 21 % qui le font de manière occasionnelle). Parmi les raisons qui incitent les patrons à opter pour les échanges interentreprises, vient au premier chef les économies d'argent (33 %) et la possibilité d'adapter leurs capacités de production de manière rapide et flexible (20 %). Autre argument évoqué : la pratique permet d'entretenir de bonnes relations avec son réseau professionnel (12 %).

Des réfractaires

Dans quels domaines les dirigeants voient-ils des marges de manoeuvre ? Parmi les ressources sous-utilisées qu'elles pourraient mettre à disposition, les TPE évoquent les véhicules professionnels (6 %) ou les locaux (5 %). A contrario, les dirigeants affirment avoir des besoins, et donc être prêts à emprunter, pour les locaux (16 %), les parkings (13 %) ou le personnel (12 %). Il reste des réfractaires à cette mode collaborative. Un peu plus d'un quart des dirigeants (27 %) ne sont pas intéressés par le partage des ressources. Le premier frein avancé est l'absence d'intérêt (31 %), puis le manque de confiance dans les partenaires (15 %), le manque de temps ou de personnel pour le gérer et pour trouver des partenaires. Ils aimeraient également avoir davantage de garanties dans le domaine des assurances.

Systèmes de troc

Pour simplifier et sécuriser l'accès à ce marché, plusieurs plates-formes numériques proposent de mettre en lien les prêteurs et les emprunteurs. Flairant le potentiel, plusieurs acteurs se sont engouffrés dans la vogue des échanges de bureaux : Bureaux A Partager (BAP), Hub-Grade, qui vient de lever 400.000 euros auprès de la BPI et de business angels, Bird Office... Plus généralistes, des sites de troc, sans sortie de trésorerie, émergent comme PrestaSwap, qui s'est positionné sur les services, ou France Barter, où tout s'échange, de l'hébergement dans un data center, au véhicule en passant par un local ou des prestataires.

Marion Kindermans, Les Echos
Vie de l’entreprise