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Raison d'être de l'entreprise et raison d'être de la RSE

18/05/2018
La RSE et ses enjeux
La préconisation de réécrire le Code civil afin que l’entreprise puisse prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux de ses activités, et définir si elle le souhaite une "raison d’être" au-delà du seul intérêt des actionnaires, suscite enthousiasme et interrogations.

Pourquoi serait-il impératif pour l'entreprise d'avoir une raison d'être ? D'autant qu'avec l'émergence de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et la publication de l'ISO 26000, on était enclin à penser que la notion de raison d'être de l'entreprise était devenue obsolète, et la question résolue.

Le concept de RSE n'a cessé par ailleurs d'évoluer, de se transformer, de se diversifier, si bien qu'il existe nombre de démarches, théories, guides et autres référentiels, labels, ou outils qui semblent se compléter, s'associer, diverger, s'opposer, voire se concurrencer.

Comportement responsable dans la conduite des affaires

Ne serait-il pas plus pertinent de réfléchir à la raison d'être de la RSE ? Car force est de constater qu'il règne une certaine confusion dans la démarche RSE, traversée qu'elle est en outre par de nombreux dilemmes et dans sa définition même, laquelle se compte par dizaines, ainsi que dans les rapports qu'elle entretient avec l'éthique. La tendance générale - l'erreur la plus commune - étant soit d'opposer RSE et éthique, soit de les confondre, voire de les assimiler.

C'est ainsi que, s'agissant des multinationales, l'OCDE a décidé d'opérer une rupture en remplaçant le terme de RSE (CSR en anglais) par Responsible Business Conduct (RBC) qu'on peut traduire par Comportement Responsable dans la Conduite des Affaires, considérant qu'il est galvaudé, qu'il a vécu parce qu'il ne rend pas compte des évolutions de l'économie mondialisée ni de la pratique des affaires, ni aussi, et surtout, de la nécessité d'intégrer ses principes, valeurs et objectifs à la stratégie des organisations.

Intérêt collectif vs intérêt général

La RSE peut être perçue comme un compromis acceptable par tous entre efficacité entrepreneuriale et éthique, entre intérêt collectif (l'entreprise) et intérêt général (la société).

Mais si l'on considère que la RSE est un devoir moral parce qu'elle est la seule réponse viable à l'insoutenabilité de l'activité humaine, qu'elle n'est pas seulement individuelle, mais globale au sens de responsabilité globale de l'humanité, on ne devrait plus discuter de sa légitimité - autrement dit, de sa raison d'être.

Constant Calvo, Fondateur et Directeur associé, pour Les Echos
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