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Salaires en startups : une initiative pro-transparence fait le buzz

06/07/2018
Les salaires des startups
Un entrepreneur a jeté un pavé dans la mare hier sur Twitter en lançant une opération visant à lever le voile sur les salaires dans les startups en France. Explications.

“Startupers français : Et si on partageait anonymement nos salaires ?”. Voici l’accroche du tweet posté lundi 2 juillet à la mi-journée par Rodolphe Dutel, fondateur de remotive.io, une plateforme dédiée aux “remote workers” (travailleurs à distance) de plus en plus nombreux à travailler pour l’écosytème startup à travers le monde.  

Le post s’accompagne d’un lien vers un Google SpreadSheet, public donc, incitant les salariés des startups à communiquer leur niveau de rémunération, sans dévoiler leur nom ni celui de leur employeur. En revanche, les contributeurs sont invités à renseigner le nombre d’employés de leur startup, les fonds levés, leur localisation en France, mais aussi bien sûr leur poste, le nombre d’années d’expérience, leur ancienneté dans la boîte, leur genre et leur rémunération.

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Depuis 24h, le document partagé clignote au rythme des infos entrées anonymement par les employés anonymes de startups. En 24 heures, environ 200 personnes ont déjà renseigné leur salaire.

“L’argent fascine les gens, mais rares sont ceux qui en parlent au travail. C’est complètement tabou, surtout en France, regrette Rodolphe Dutel, à l’origine de l’initiative.  L’entrepreneur est un ex-employé de Buffer, une startup qui prône la transparence totale des rémunérations. “C’est bien casser les codes et le statu quo. D’autres startups comme GitLab, PayFit, Alan expliquent comment elles calculent leurs salaires, et c’est sain d’en parler et de pouvoir se benchmarker”, plaide-t-il.

In fine, “on ne peut pas négocier sans avoir d'information”, est-il rappelé dans le document. De même, “on ne peut pas rectifier l'écart des salaires hommes/femmes si on ne le constate pas”.      

Des rémunérations très hétérogènes

Le constat justement : peu de femmes, à l’heure où nous publions ce papier : elles représentent près de 15% des rémunérations renseignées. De manière générale, “les salaires sont, sans surprise, très hétérogènes. La plupart sont des hommes, qui travaillent sur des fonctions techniques (développeurs, product manager, ingénieurs…), et perçoivent entre 30 et 60k euros. Quant à la valeur des stocks options, il faudra attendre quelques années avant de savoir si les parts valaient vraiment leur estimation”, commente Rodolphe Dutel. Moins d'un quart de l'échantillon a négocié des parts dans leur société, selon nos calculs. 

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Surtout, rapporté au nombre d’heures, la rémunération ne semble pas si généreuse pour beaucoup. L’écrasante majorité déclarent travailler plus de 40 heures. La majorité (55%) à ce stade indiquent entre 40 et 60 heures de travail hebdomadaire. Et plus de 10% au-delà. “Pas étonnant qu’une grande part se sentent sous-payés”, relève Rodolphe Duteil, qui a ajouté cette verticale dans le document à la demande de Twittos.

L’objectif à terme pour l’entrepreneur ? Construire une base de données solide et pourquoi pas en faire une étude. “Pour cela, il faudrait idéalement 500 entrées”. A bon entendeur…

 


 

Julia Lemarchand, Les Echos
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