Création d’entreprise

Se lancer dans l'entrepreneuriat social, un projet qui va dans le bon sens !

L'entrepreneuriat social place l'efficacité économique au service de l'intérêt général.
L'entrepreneuriat social, c'est quoi ? Tout simplement une autre manière de faire des affaires : car "l’entrepreneuriat social place l’efficacité économique au service de l’intérêt général (…) ; les dirigeants font du profit un moyen et non une fin en soi", souligne le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves). Combien compte-t-on d’entreprises sociales en France ? Impossible à dire. Mais une chose est sûre, le sujet passionne : témoins les amphis qui affichent complet dans les écoles de commerce et les universités traitant du sujet.

L’entrepreneuriat social place l’efficacité économique au service de l’intérêt général (…) ; les dirigeants font du profit un moyen et non une fin en soi.

L’entrepreneuriat social, c’est pour qui ? "Pour ceux qui ont envie de créer un monde meilleur en contribuant, à leur niveau, à répondre aux grands enjeux de société", souligne Jean-Marc Guesné, directeur d’Ashoka France, accélérateur de l’ESS (économie sociale et solidaire). Un entrepreneur social croit en sa cause et n’en démord pas tant qu’il n’a pas trouvé le modèle pour la défendre. L’entrepreneur social devra donc allier conviction, agilité, goût du risque et persévérance.

L’entrepreneuriat social, dans quels secteurs ? "Partout où il y a un dysfonctionnement de la société, il peut y avoir un entrepreneur social pour le résoudre", affirme le directeur d’Ashoka France. L’accès aux soins, à l’éducation, aux énergies, aux ressources rares, la lutte contre le gâchis, contre la pauvreté, la promotion des circuits courts… autant de causes naturellement investies par l’entrepreneuriat social.

La finalité sociale et sociétale peut se traduire à plusieurs niveaux. Premièrement, à travers l’offre de produits et de services responsables proposée. Deuxièmement, via les bénéficiaires que vous aidez, et les salariés que vous employez (par exemple, en embauchant des personnes éloignées de l’emploi depuis longtemps).

Comment monter une entreprise sociale ? La première chose à faire est d’investiguer le problème que vous avez identifié. "Pour cela, passez du temps avec les bénéficiaires afin de comprendre leurs problématiques et les réponses envisageables", conseille Jean-Marc Guesné. Et puis, ne restez pas seul avec votre idée. Partagez-la avec l’écosystème ouvert et aidant de l’entrepreneuriat social. Que vous en soyez au stade de l’idée, du business plan, de l’accélération de votre projet, de nombreuses organisations comme Ashoka mais aussi Enactus France, proposent des accompagnements personnalisés et efficaces. Pour le choix du statut juridique de la société, rien n’est imposé. Sarl, SAS, coopérative, association… peu importe. Ce n’est pas la structure juridique qui fait l’entreprise sociale mais sa finalité.

Comment financer une entreprise sociale ? En plus des dispositifs classiques d’aide à la création d’entreprise (subvention, prêt d’honneur, financement participatif), vous pourrez sans doute bénéficier de prêts auprès de banques dites éthiques (La Nef, Le Crédit coopératif entre autres). Mais aussi, de manière complémentaire, auprès des grandes banques. En effet, elles ont presque toutes mis en place un réseau de conseillers référents sur le sujet. Rompus aux enjeux spécifiques de ces entreprises et à leur cycle de développement plus long, ils analysent différemment un business plan social.

Les fondations d’entreprises sont aussi enclines à financer ce type de projet. On voit par ailleurs se développer de plus en plus "l’impact investing", mené par des fonds d’investissement qui soutiennent exclusivement des entreprises à fort impact social et environnemental (Le Comptoir de l’innovation, 1001pact…). Bémol de l’expert Jean-Marc Guesné : "Même limités, ces fonds sont dans une logique de retour sur investissement. Or la philanthropie est essentielle à l’innovation sociale". Pour lui, les contrats à impact social (CIS) répondent mieux aux enjeux de l’entrepreneuriat social. Ce principe tripartite est simple : l’État lance un appel d’offres, sélectionne une entreprise sociale pour répondre à un service public et c’est un tiers financeur qui paie. Une piste à explorer, notamment pour permettre à votre entreprise sociale de changer d’échelle.

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